Une éclipse de Soleil se produit lorsque la Lune passe devant le Soleil et en masque tout ou partie du disque, vue depuis la Terre. Explications par l’Observatoire de Paris-PSL dont le Laboratoire Temps Espace - LTE est la référence nationale pour le calcul et la diffusion des éphémérides officielles du Système solaire.
Les éclipses de Soleil
Chapitre 1. Généralités sur les éclipses de Soleil
Qu’est-ce qu’une éclipse de Soleil ?
Une éclipse de Soleil se produit lorsque, vue depuis la Terre, la Lune masque, en partie ou totalement, le Soleil. On parle "d’occultation du Soleil" car, vu depuis la Terre, c’est la Lune qui cache le Soleil, empêchant ses rayons d’arriver jusqu’à nous.
Comment observer une éclipse de Soleil en toute sécurité ?
N’observez jamais le Soleil sans protection adaptée, même pendant une éclipse. Utilisez des protections conformes à la norme ISO 12312-2 (lunettes d’éclipse) ou des filtres solaires certifiés pour instruments. Les filtres destinés aux instruments doivent être placés à l’entrée de l’instrument (côté Soleil), jamais à l’oculaire.
Il ne faut jamais utiliser des lunettes d’éclipse derrière des jumelles ou un télescope.
Le non-respect de ces consignes peut entraîner de graves lésions oculaires, jusqu’à la cécité.
Pourquoi la Lune peut-elle masquer complètement le Soleil ?
En raison des mouvements orbitaux de la Terre et de la Lune, les distances Terre-Lune et Terre-Soleil ne sont pas constantes : les diamètres apparents de la Lune et du Soleil sont donc variables. Mais la Lune est environ 400 fois plus petite que le Soleil et également environ 400 fois plus proche de nous. Les deux astres peuvent donc, à un instant précis, avoir la même taille apparente dans le ciel et, sous certaines conditions, la Lune peut occulter complètement le Soleil.
Quels sont les différents types d’éclipses solaires ?
Un observateur situé à la surface de la Terre peut voir plusieurs types d’éclipses de Soleil :
- Totale : la Lune recouvre entièrement le disque solaire ; la couronne solaire devient visible pendant la totalité.
- Partielle : la Lune ne recouvre qu’une partie du disque solaire.
- Annulaire : le disque solaire n’est pas complètement occulté par la Lune, car le diamètre apparent de la Lune est inférieur à celui du Soleil ; un anneau lumineux subsiste.
- Hybride : annulaire sur certaines portions de la trajectoire et totale sur d’autres.
Le type observé dépend principalement des distances instantanées Terre–Lune et Terre–Soleil et de l’alignement des trois astres.
Quand auront lieu les prochaines éclipses solaires ?
Cette section présente le calendrier des principales éclipses de Soleil entre 2026 et 2030 dans le monde et leur visibilité depuis la France métropolitaine et les départements, régions et collectivités d’Outre-Mer.
- 17 fév. 2026 — Annulaire en Antarctique, partielle depuis le sud de l’Argentine, du Chili et du sud de l’Afrique (durée centrale environ 2 min 20 s)
- 12 août 2026 — Totale — Arctique, Groenland, Islande, Espagne ( 2 min 18 s). Partielle en France métropolitaine (Hexagone et Corse) et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Occultation max 92 % à Paris (Soleil bas sur l’horizon).
- 6 fév. 2027 — Annulaire — Amérique du Sud, Atlantique, Afrique ( 7 min 51 s). Partielle en Guyane (Cayenne) et en Polynésie française (notamment Tuamotu-Gambier, très bas sur l’horizon).
- 2 août 2027 — Totale — Maroc, Espagne, Algérie, Libye, Égypte, Arabie saoudite, Yémen, Somalie ( 6 min 23 s). Partielle en France métropolitaine, à La Réunion et à Mayotte.
- 26 janv. 2028 — Annulaire — Espagne, Portugal, Équateur, Pérou, Brésil ( 10 min 27 s). Partielle en France métropolitaine, en Guadeloupe (Pointe-à-Pitre), en Martinique (Fort-de-France), en Guyane (Cayenne), à Saint-Martin (Marigot) et à Saint-Barthélemy (Gustavia).
- 22 juil. 2028 — Totale — Australie, N.-Zélande ( 5 min 10 s). Partielle en Nouvelle-Calédonie (Nouméa et archipels).
- 14 janvier 2029 — Éclipse partielle — Amérique du Nord, Amérique centrale
- 12 juin 2029 — Éclipse partielle — Arctique, Scandinavie, Alaska, nord de l’Asie, nord du Canada
- 11 juillet 2029 — Éclipse partielle — sud du Chili, sud de l’Argentine
- 5 décembre 2029 — Éclipse partielle — sud de l’Argentine, sud du Chili, Antarctique
- 1 juin 2030 — Annulaire — Europe, n. Afrique, Moyen-Orient, Asie ( 5 min 21 s)
- 25 nov. 2030 — Totale — s. Afrique, océan Indien, Indonésie, Australie ( 3 min 44 s)
- Prochaine éclipse totale visible en France : 3 septembre 2081 – éclipse totale traversant une partie du territoire.
Que se passe-t-il sur Terre lors d’une éclipse de Soleil ?
Pendant une éclipse de Soleil, la Lune passe entre la Terre et le Soleil et bloque la lumière du Soleil en projetant son ombre sur la Terre. Autour de cette zone sombre se forme une région moins obscurcie appelée la pénombre, où le Soleil n’est que partiellement caché.
En effet, quand un objet bloque la lumière, il crée deux zones différentes derrière lui :
- une zone très sombre, où la lumière ne passe plus du tout : c’est l’ombre ;
- une zone un peu sombre, mais où il reste encore un peu de lumière : c’est la pénombre.
La Lune est éclairée par le Soleil ; elle projette en permanence son ombre dans l’espace, entourée d’une zone de pénombre. En trois dimensions, cela forme un cône d’ombre.
Il y a une éclipse totale de Soleil lorsqu’une région de la Terre rencontre ce cône d’ombre : une petite tache d’ombre se forme à la surface de notre planète. Les observateurs qui se trouvent dans cette zone voient le Soleil totalement occulté. Autour, les observateurs se situent dans la zone de pénombre et voient une éclipse partielle : le Soleil est partiellement occulté. Il arrive que l’ensemble de la surface terrestre ne soit que dans le cône de pénombre : dans ce cas il n’y a qu’une éclipse partielle sur la Terre, pas d’éclipse totale.
Dans le cas d’une éclipse annulaire, la Lune est un peu plus éloignée de la Terre et notre planète se trouve dans le prolongement du cône d’ombre de la Lune. Le diamètre apparent de la Lune est plus petit que celui du Soleil et elle ne cache pas tout le Soleil.
Chapitre 2. Quelles sont les conditions pour que se produise une éclipse de Soleil ?
Pour que la Lune cache le Soleil lors d’une éclipse, il faut que la Terre, la Lune et le Soleil soient alignés. Deux conditions doivent être réunies, et cette configuration ne se produit qu’à certaines périodes.
Condition 1. La Lune doit se situer entre la Terre et le Soleil
Une éclipse de Soleil a pour condition nécessaire (mais pas suffisante) un alignement de la Terre, de la Lune et du Soleil et ne peut donc avoir lieu qu’à la nouvelle Lune, lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil. C’est à ce moment-là seulement que les ombres décrites plus haut peuvent, en principe, se projeter vers la Terre dans la bonne direction.
Mais cette condition (nouvelle Lune) n’est pas suffisante du fait que la Lune n’orbite pas dans le même plan que celui de la Terre et du Soleil. Sinon, nous verrions une éclipse à chaque nouvelle Lune !
Condition 2. La Lune doit être tout près du plan formé par la Terre et le Soleil
La Lune tourne autour de la Terre dans un plan un peu incliné : plus précisément, son orbite est inclinée d’environ 5°9′ par rapport au plan de l’orbite de la Terre autour du Soleil, appelé plan de l’écliptique.
Cela signifie que, la plupart du temps, la Lune passe un peu au-dessus ou un peu au-dessous de la direction Terre–Soleil et qu’il n’y a alors pas d’éclipse possible.
Les deux plans — celui de l’orbite de la Terre et celui de l’orbite de la Lune — se coupent selon une droite, appelée ligne des nœuds. Prolongée jusqu’à la sphère céleste, cette droite définit deux directions opposées : ce sont les deux points où l’orbite de la Lune coupe le plan de l’écliptique, appelés nœud ascendant et nœud descendant. La Lune passe par chacun de ces nœuds à chaque révolution autour de la Terre, quelle que soit sa phase.
De temps en temps, par "coïncidence géométrique", la nouvelle Lune a lieu alors que la Lune est très proche de l’un de ses nœuds : une éclipse de Soleil devient alors possible.
Dans cette situation, Terre, Lune et Soleil sont pratiquement alignés dans le même plan, ce qui permet à l’ombre de la Lune d’atteindre la Terre et de produire une éclipse de Soleil : totale pour la région située dans le cône d’ombre et partielle pour la région située dans la pénombre.
Combien y a-t-il d’éclipses solaires possibles par an ?
Les nœuds de l’orbite de la Lune ne restent pas fixés pour toujours au même endroit dans l’espace, ils se déplacent au contraire lentement au fil du temps. Plus précisément, la ligne des nœuds tourne lentement autour de la Terre, comme si le plan de l’orbite lunaire "pivotait" par rapport au plan de l’écliptique. Ce mouvement lent s’appelle la précession des nœuds.
Sous l’effet de la précession des nœuds, le Soleil repasse près de l’un des nœuds de l’orbite lunaire environ tous les 173,3 jours. Ces périodes sont appelées saisons d’éclipses : ce sont les seules fenêtres de temps où peuvent se produire des éclipses solaires et/ou lunaires.
Il y a donc, en moyenne, deux saisons d’éclipses par an.
Chapitre 3. Durée, périodicité et prédiction des éclipses de Soleil
Combien de temps dure une éclipse de Soleil ?
Du fait de la rotation de notre planète et du mouvement de la Lune, le cône d’ombre central se déplace à la surface de la Terre à une vitesse de l’ordre de 2 000 kilomètres à l’heure : la tache d’ombre de la Lune se déplace vite à la surface de la Terre ! Dans la configuration la plus favorable, la totalité ne peut excéder environ 7 min 32 s (limite théorique).
Les éclipses annulaires peuvent, quant à elles, atteindre environ 11 à 12 minutes dans des cas exceptionnels (par exemple le 15 janvier 2010 : environ 11 min 08 s).
Les mêmes types d’éclipses reviennent-elles souvent ?
Le cycle de Saros (≈ 6 585,3 jours, soit 18 ans 11 jours et 8 heures) relie des éclipses de géométrie similaire (même nœud de l’orbite lunaire, distances comparables). D’un Saros au suivant, la bande de totalité se décale d’environ 120° de longitude en moyenne.
Par exemple, les éclipses totales de Soleil des 11 août 1999 et 21 août 2017 appartiennent toutes deux au Saros 145. En 1999, le maximum de l’éclipse se produit au-dessus de la Roumanie, vers 24° de longitude Est. Dix-huit ans et 11 jours plus tard, en 2017, le maximum de l’éclipse se situe cette fois aux États-Unis, vers 88° de longitude Ouest. La bande de totalité s’est donc déplacée d’un peu plus de 110° de longitude, soit pratiquement un tiers du tour de la Terre, comme prévu par le principe du Saros.
Comment prédit-on une éclipse de Soleil ?
La prédiction s’appuie sur des modèles précis de mécanique céleste (positions, distances et tailles apparentes des astres), ainsi que sur un modèle géodésique terrestre, pour projeter l’ombre et la pénombre au sol.
Un certain nombre de paramètres physiques interviennent également dans le calcul des prédictions : le rayon lunaire (1 737,4 km) et le rayon solaire (695 700 km) et l’aplatissement terrestre (f = 1 ⁄ 298,257 223 563).
La précision des prédictions des éclipses de Soleil est de l’ordre de 2 à 3 secondes de temps.
Les éclipses totales de Soleil vont-elles un jour disparaître ?
La Lune s’éloigne d’environ 3,8 cm par an. Dans plus de 600 millions d’années, son diamètre apparent deviendra insuffisant pour masquer totalement le Soleil : il ne subsistera plus que des éclipses annulaires ou partielles.
Chapitre 4. Comprendre les cartes des éclipses
Le Laboratoire Temps Espace de l’Observatoire de Paris – PSL est la référence nationale pour le calcul et la diffusion des éphémérides officielles du Système solaire. Pour obtenir des cartes détaillées et des prédictions personnalisées d’éclipses de Soleil, on peut utiliser le formulaire en ligne « Éclipses de Soleil » du LTE.
Les circonstances générales d’une éclipse correspondent aux différentes phases de l’éclipse. Ces phases sont liées aux mouvements relatifs du Soleil, de la Lune et de la Terre. Elles correspondent chacune à un instant particulier et à un lieu unique sur Terre.
Les circonstances locales d’une éclipse décrivent, en un lieu donné, les différentes phases observables par un observateur situé en ce lieu.
QUIZ
FAQ
Références :
- Les éclipses de Soleil, site du LTE
- Promenade dans le système solaire, site rédigé par un chercheur de l’Observatoire de Paris
Pour aller plus loin : niveau licence
Crédits et mise à jour
Article validé par Pascal Descamps, astronome à l’Observatoire de Paris - PSL, au sein du laboratoire Temps Espace. Mise à jour mars 2026.

